la restauration de piano

Qu’est que la réparation de pianos anciens?

C’est faire revivre un instrument traversé par les années, plus ou moins entretenu, plus ou moins joué, plus ou moins aimé !

Essayer de lui conserver sa personnalité, sa sonorité propre tout en optimisant ses capacités !

Les instruments anciens ont une sonorité qu’on ne retrouve plus aujourd’hui car ces pianos étaient fabriqués par des facteurs passionnés et de manière presque individuelle. Chaque piano ayant une personnalité propre, une sonorité plus subtile que puissante, un véritable travail d’ébénisterie d’art sur les meubles avec des marqueteries, des incrustations, vernis au tampon etc.

C’est pour toutes ces raisons que la restauration de pianos anciens est avant tout un travail de passionné et demande un savoir-faire très complet et toujours en recherche de techniques nouvelles pour être plus précis, avec une qualité et une longévité optimale.

 

pleyel-joli

 

Les réglages de mécanique… logique et précision

Régler une mécanique de piano, c’est ajuster point par point tous les leviers qui la composent afin que l’enchaînement de ces leviers soit à la fois limpide, rapide et efficace à la frappe du marteau sur les cordes.

 

 

 

 

 

 

 

Sur le schéma ci-dessus nous voyons en coupe les différentes parties qui composent une mécanique de piano droit :

 

  • La touche , axée sur 2 pointes, la pointe de balancier au milieu qui sert de levier et la pointe d’enfoncement sous les doigts qui sert à la fois de guide et de butée.
  • Le chevalet , en appui sur le bout de la touche (sur le pilote), il est axé grâce à une fourche fixée sur le sommier de mécanique. Il a plusieurs fonctions dont celle de pousser le marteau vers les cordes grâce au bâton d’échappement, lequel comme son nom l’indique s’échappe à temps pour ne pas écraser le marteau sur les cordes . Il vient également « recevoir » le marteau après la frappe sur la corde à l’aide d’une attrape.
  • Le marteau , en repos sur une barre du sommier , il est axé sur une fourche qui est aussi fixée sur le sommier de mécanique, il est propulsé par le chevalet vers les cordes, vient les frapper et redescend aussitôt s’arrêter sur l’attrape.

La mécanique du piano droit est la simplification de celle du piano à queue.

 

Sur le piano à queue les cordes sont frappées par en dessous d’où la disposition différente. Elle est plus complexe et comporte encore plus de leviers.
Elle permet un toucher plus précis, rapide et optimisé … à condition qu’elle soit réglée correctement .
Vous pourrez voir une animation sur le site des fournisseurs de mécanique Renner (fabricants de mécanique pour Steinway, Grotrian Steinweg, Bosendorfer etc. )

Le réglage est une partie extrêmement importante du travail des techniciens piano. Un piano avec une sonorité exceptionnelle ne sera jamais « bon » si la mécanique ne permet pas au musicien de l’exploiter correctement.
Le réglage se divise en 2 parties :
– le pré-réglage : c’est le fait d’aligner horizontalement, verticalement toutes les pièces de mécanique. Il va également permettre de rectifier le bon axe des leviers.

– le réglage à proprement parlé, c’est à dire trouver les bonnes cotes de hauteur, de positionnement des leviers les uns avec les autres pour optimiser le fonctionnement de la mécanique et appliquer ces cotes aux 88 touches.

C’est un travail minutieux et qui demande beaucoup de patience , chaque opération étant répétée 88 fois !

Accorder un piano

Accorder un piano, c’est l’action de retendre les cordes (ou détendre) en tournant les chevilles à l’aide d’une clé d’accord afin d’en augmenter ou diminuer la tension et ainsi  mettre la corde à la fréquence désirée.

Il convient d’appliquer une méthodologie plus ou moins différente selon les accordeurs pour parvenir à une gamme tempérée, qui consiste à obtenir une octave chromatique divisée en douze tons égaux. Cela permettra d’obtenir une sonorité équilibrée sur toute la tessiture du piano. Pour parfaire l’accord, il faut souvent agir également sur les têtes de marteaux.

Il faut savoir qu’un piano comporte en moyenne 220 cordes (3 cordes par note dans les médiums-aigus, 2 cordes puis 1 dans les basses) et qu’il supporte une tension allant de 18 à 25 tonnes suivant les modèles .

Pour résister à cette énorme tension, la structure harmonique du piano est composée de différentes parties :

  • La partie vibrante qui est appelée table d’harmonie, elle est en épicéa, bois à la fois dense et souple, celle-ci est maintenue grâce à des barre de table situées derrière et de gros renforts reliés au meuble appelés barrages.
  • Le cadre en fonte qui vient par dessus la table et englobe le sommier de chevilles lequel est en hêtre (massif, en plusieurs couches ou multi-plis suivant les époques). Sur le cadre sont fixées les pointes d’accroches, les cordes sont tendues entre les pointes d’accroche et les chevilles en acier à filetage extrêmement fin pour permettre la précision de l’action de la clé.

La partie vibrante de la corde est située entre un sillet (sur le cadre) et un chevalet en hêtre collé sur la table d’harmonie et qui permet de transmettre les ondes à la table.

Pour arriver à une grande précision dans l’accord, chaque partie de la structure harmonique et de la mécanique est minutieusement calculée.

Malgré cette apparence robuste, cet instrument est très sensible à toutes sortes de variation climatique et ainsi qu’à l’usage qui en est fait. Ce qui explique qu’il faille régulièrement accorder un piano.